Ce qui nous vient en premier lieu, c’est l’envie de changer une problématique, de travailler un trauma, de sortir d’une addiction, bref: de régler un problème précis. C’est généralement ce qui amène une personne à investir dans sa santé physique et psychique.
Du moins, c’est la partie émergée de l’iceberg.
Mais, dans les profondeurs, enfouie, dissimulée, se terre parfois l’insidieuse lassitude… celle dont on ne parle que très rarement. Celle qui ne devrait pas être car comment serait-il possible qu’elle soit alors que nous sommes stimulés, sollicités en permanence?

Dans un monde où tout va très, très vite, nous pouvons aisément nous sentir envahis, stressés ou encore submergés. Nous sommes connectés à chaque instant avec un univers virtuel tout en étant complètement déconnecté de ce qui nous entoure. La pression professionnelle monte inéluctablement, parfois jusqu’à atteindre de dangereux pics et celle de la sphère sociétale menace de tout fissurer. La prière est reléguée au dernier rang, comme au mieux de la crédulité et au pire de la stupidité. Nous prions désormais un dieu 3.0, celui qui vante la surconsommation, les plaisirs éphémères, l’égoïsme et la réussite qui en jette. Ce faux dieu que nous avons nous-mêmes installé sur cet imposant piédestal nous pousse toujours davantage vers la chute vertigineuse qui nous attend au bout du chemin. On s’oublie progressivement au profit d’une réputation ou d’un nombre de likes.
L’essentiel, l’humain, en cœur et conscience, diminue jusqu’à disparaître.
Nous ne sommes pas conçus pour fonctionner ainsi.
Par conséquent, il en résulte bien souvent un sentiment d’isolement, comme une impression diffuse de solitude, d’existence vaine et donc, in fine, de lassitude qui, ma foi, peuvent sembler bien difficile à cerner et à comprendre. De fil en aiguille, le moral en prend un coup, la fatigue s’installe et le sentiment d’être perdu émerge.
Un vide inexpliqué dans une existence où, pourtant, nous avons tout.
Quelque chose ne va pas sans que nous sachions quoi.
Malgré nos efforts, les gens peinent parfois à entendre, encore plus à comprendre. C’est donc tout naturellement que l’incompréhension se transforme en une sensation de rejet, voire de jugement, voire à terme de déni de soi-même.
Un regard sur les actualités et la boucle est bouclée. Une spirale descendante.
Une thérapie est avant tout un moment de partage au sein duquel un humain en rencontre un autre, une parenthèse sans virtuel où les choses peuvent petit à petit retrouver leur juste place.
Il s’agit de rallumer la lumière afin de rendre visible ce qui est caché car ce qui est caché n’a pas disparu. Les ressources sont toujours là, les solutions également.
La thérapie, c’est de l’art à l’état brut. L’art d’écouter, l’art de mettre en évidence, l’art de choisir les bons mots, les bonnes images, les métaphores percutantes. C’est un instrument et comme tout instrument elle dépend de comment nous en jouons. Comme tout instrument, elle nécessite le don et le travail. D’ailleurs, les virtuoses le savent bien: même les plus doués d’entre eux œuvrent sans relâche pour se perfectionner encore. Les moins doués apprennent, persévèrent et s’ils ne joueront peut-être jamais une symphonie, du moins seront-ils capables de maîtriser leur instrument.
La thérapie, c’est l’art de l’humain. C’est la capacité d’aider, de tendre la main, d’aimer.
C’est le langage du cœur, universel, celui qui se met à communiquer sitôt la porte du cabinet franchie. C’est aussi un lieu sécurisé, spécialement mis en place pour accueillir les émotions, les mots, les trop-pleins. Un espace où le négatif a l’opportunité de se transformer en positif, en force et en courage.
C’est un moment suspendu où la société actuelle n’a plus de prise et où seul demeure le vrai, celui qui existe au-delà des apparences.
C’est un parcours initiatique où chaque pas nous transforme et nous permet de nous libérer progressivement d’un carcan usuellement lourd et pesant pour mieux se retrouver dans sa nature véritable.
Alors, quels que soient les outils utilisés, il arrive que nous ayons simplement besoin de redevenir un être humain, avec nos forces et nos faiblesses, sans jugement et sans filtre car c’est bien souvent à ce moment-là que la magie se met à opérer, que le voile sombre se dissipe et que nous nous découvrons un potentiel jusque ici passé presque complètement inaperçu.
Je choisis désormais de pratiquer mon art avec ou sans hypnose afin que chacun puisse y trouver son compte. Les moyens sont multiples mais ne sont pas indispensables. Seul le cœur l’est.
Enfin, je souhaite dédier ce petit article à tous les artistes thérapeutes que je connais, aux autres que je ne connais pas ainsi qu’à toutes les personnes qui ont le courage de franchir le seuil d’un centre thérapeutique pour se lancer sur le merveilleux, mais parfois difficile, chemin de la transformation.
Avec toute mon amitié,
Laure
PS: Le mot thérapie étant aujourd’hui utilisé comme un fourre-tout, j’aimerais préciser que je ne parle aucunement des fausses thérapies « new age » ou ésotériques dont il faut impérativement se préserver. Une personne en souffrance est une personne en état temporaire de faiblesse et elle doit pouvoir se faire accompagner en toute confiance. Ce n’est ni un jeu ni un hobby.

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